De l’hindouisme à Jésus Christ, Mahesh CHAVDA témoigne de ses questions et de sa rencontre avec Jésus Christ.  

Vers mes treize ans. J’ai la surprise un après-midi de trouver ma nièce de sept ans, Rajesh, devant la porte d’entrée de la maison, accompagnée d’une dame que je n’ai jamais vue auparavant. La peau pâle de cette femme indique clairement qu’elle est étrangère. Je suis navrée de vous déranger, dit-elle. Mais il fait si chaud dehors que Rajesh a eu la gentillesse de m’inviter à prendre une boisson chez vous… Mais, bien sûr, répliquai-je. Vous êtes la bienvenue dans notre maison. Asseyez-vous donc. Je vais vous chercher de l’eau. La tradition hindoue exige que l’on offre la plus grande hospitalité à tout hôte. Quand je retourne vers elles, elle se présente : Je m’appelle Sid Pierce. J’ai dirigé des rencontres dans la rue pour les enfants ici à Kibokoni. Ils viennent l’après-midi et je leur raconte des histoires. Rajesh m’a écoutée aujourd’hui et a insisté pour que je vienne boire dans votre maison. Je suis navrée d’arriver à l’improviste.

– Mais pas du tout, dis-je en souriant. Quel genre d’histoires racontez-vous ?  Mon mari et moi sommes missionnaires. Des missionnaires chrétiens d’Amérique. Nous sommes venus à Mombasa pour partager notre foi chrétienne avec d’autres. Je raconte aux enfants des histoires de la Bible.

Comme tout hindou, j’ai un respect profond pour toute personne vouant sa vie aux affaires spirituelles. Le fait que quelqu’un abandonne famille et confort pour s’installer en pays étranger dans le seul but de partager ses croyances m’impressionne. Percevant apparemment mon intérêt, Mme Pierce continue : – Nous racontons aux enfants que Dieu a créé l’homme et la femme pour Le connaître et se réjouir de la vie. Mais nous avons péché contre Dieu et perdu notre relation avec lui. Alors Dieu a envoyé son Fils, Jésus-Christ, pour qu’Il se fasse homme et meure de la mort d’un criminel afin de payer le prix pour nos péchés. Quiconque met sa confiance en Jésus-Christ est pardonné de ses péchés et peut jouir de la communion avec Dieu. Maintenant cette femme semble faire plus que juste me parler de son travail avec les enfants: elle est en train de me prêcher. Je n’ai pas le moindre désir d’écouter ce qu’elle dit, les divinités de l’hindouisme ayant perdu leur sens pour moi, je n’ai pas l’intention de me troubler avec ce Dieu de l’Ouest.

Comme il est impensable de contredire un hôte à la maison, je m’esquive simplement, mais avec fermeté. – Je comprends parfaitement, dis-je. J’apprécie ce que vous dites. Moi aussi, je suis à la recherche de la vérité. Chacun doit chercher sa propre vérité. Mme Pierce a passé assez de temps avec les Hindous pour savoir que son auditeur lui fait comprendre que la discussion est finie. Elle me remercie pour le verre d’eau et se lève pour partir. Ce faisant, elle sort de son sac un livre cartonné.

 – Voilà, dit-elle. Acceptez s’il vous plaît ceci de ma part, en signe de gratitude pour votre hospitalité. Je jette un coup d’œil sur le titre. Nouveau Testament, nouvelle version anglaise. Si vous recherchez la vérité, ajoute-t-elle, vous la trouverez dans ce livre. Merci, dis-je pendant qu’elle sort.

– J’apprécie votre gentillesse. J’ai été honoré de vous avoir ici.

Curieusement, malgré mon éducation dans un système d’école britannique, je n’ai jamais lu la Bible. Le christianisme m’est en fait très peu familier. Je sais qu’il y a bien quelques chrétiens dans les environs, mais je n’en sais pas plus. Par ailleurs, me dis-je, toute vérité doit mener à la source de la vérité et toutes les religions au vrai Dieu unique. Quelle différence cela fait-il si les gens l’appellent Vishnu, ou Allah, ou Jésus ?

Après le départ de Mme Pierce, je feuillette néanmoins la Bible qu’elle m’a donnée, la retourne dans mes mains. Cela ne me semble pas différent de quel qu’autre livre. Pourtant, ses paroles restent accrochées dans mon esprit :  « Si vous recherchez la vérité, vous la trouverez dans ce livre ».

Je décide alors d’en lire des passages. Je commence à la première page avec, bien sûr, l’Evangile de Matthieu, puis je passe aux Evangiles de Marc et de Luc. Jésus-Christ m’intrigue. Je suis surtout touché par sa compassion évidente envers le pauvre et l’opprimé. Cela ne ressemble en rien à ce que j’ai expérimenté dans l’hindouisme.

L’hindouisme croit en la réincarnation et dans un concept appelé karma. Le karma est compris comme une sorte de force spirituelle générée par les propres pensées de la personne, par ses paroles, ses actions. Votre karma détermine la forme sous laquelle vous reviendrez dans une vie future. Avec un bon karma, vous reviendrez en tant que personne sage, riche ou sainte. Un mauvais karma vous fera revenir dans la peau d’un membre d’une des castes inférieures ou peut-être même sous une forme autre qu’humaine. Vous pouvez vous réincarner en un chien si vous ne vous êtes pas bien comporté dans votre vie antérieure. Et si vous avez vraiment exagéré, vous risquez même de revenir sous la forme d’une mouche sur un chien. Les péchés ne peuvent être ni ôtés, ni pardonnés. Vous ne pouvez échapper à votre karma. Aussi l’attitude des saints hommes hindous envers ceux qui souffrent consiste-t-elle à penser que ces derniers sont tout simplement en train de vivre leur karma et que rien ne peut, ou ne devrait être entrepris pour eux. Vous pouvez être triste pour eux, mais ils ne font que payer la peine qu’ils ont amenée sur eux-mêmes. La souffrance leur est à la limite profitable puisqu’elle a des chances de leur faire gagner un meilleur karma dans leur prochaine vie. Il y en a même pour estimer que le fait de les aider va interférer avec le processus divin.

Jésus par contre ne s’est pas dissocié des souffrances des gens. Il a pris soin d’eux. Il s’est engagé à leurs côtés. Il les a guéris de leurs maladies. Il a mis son amour à l’œuvre. Il est allé jusqu’à mourir pour eux. De ma vie, je n’ai entendu parler de la croix. J’ai bien eu connaissance de la torture, et des souffrances que les personnes au pouvoir savent imposer à d’autres.

Vivant dans une colonie, chaque jour j’ai vu l’injustice autour de moi. Mais Jésus a enduré ce genre de traitement de son propre gré, comme démonstration d’amour. Il a maintenu sa compassion tout au long de son ministère, réconfortant sa mère, parlant respectueusement à ceux qui le condamnent à mort, plaidant même pour que ses bourreaux soient pardonnés. Je n’ai jamais rencontré un chef religieux comme lui.

L’Evangile de Jean capte particulièrement mon attention. La Bible est décidément le plus inhabituel des livres, c’est le seul livre dont l’auteur regarde par-dessus votre épaule et vous parle. Dès la première lecture de l’Evangile de Jean, des mots, des phrases jaillissent à moi comme s’ils étaient vivants. Dès le premier chapitre, Jean identifie clairement et directement Jésus comme étant Dieu. Cette notion est totalement nouvelle pour moi; d’après le peu que j’avais entendu dire sur Jésus, il en était ressorti que c’était un saint homme, un sage, un serviteur de Dieu hors du commun mais pas Dieu en personne.

Ensuite, au chapitre 8, je lis le passage où Jésus dit « Alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira ».  Je me dis: « Cet homme parle exactement de ce que je recherche, la vérité. »

La vérité qui rend libre. Libre du karma, du lourd fardeau d’essayer sans relâche à rendre les divinités heureuses, sans jamais y parvenir. Au chapitre 14, je lis quelque chose qui me coupe carrément le souffle. Jésus dit : «Je suis le chemin, et la vérité, et la vie » (v. 6). Ces paroles « Je suis la vérité » s’enflamment dans mon âme. J’ai l’impression que des écailles me tombent des yeux. Toute ma vie j’ai été à la recherche de la vérité, mais jusque-là j’ai toujours compris la vérité comme un fait abstrait et impersonnel. A présent, je me rends compte que la vérité pourrait bien être une personne, une personne nommée Jésus-Christ.

La question cruciale me semble de savoir si Jésus dit la vérité ou non. J’ai déjà lu assez pour savoir qu’il n’y a pas de demi-mesures avec Jésus. Avec Jésus, tout est soit noir, soit blanc. Sois-je dois le reconnaître comme étant exactement ce qu’il se dit être, ou je dois le prendre pour un menteur absolu. Je repense alors à tout ce que j’ai lu au sujet de Jésus : sa vie, son enseignement, ses miracles, sa compassion, sa mort. Soudain il devient tout à fait clair, s’il a existé un homme totalement vrai, c’est lui. Je me souviens d’une parole que Jésus a prononcée quelques lignes plus haut : «Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père; s’il n’en était pas ainsi, je vous I’aurais dit »  (Jean 14:2). Je me dis « Mais oui, bien sûr ! Il ne nous dit que ce qui est, s’il en était autrement, il nous le dirait. Il ne nous fourvoierait pas ».

Tout à coup je me sens comme Pilate. De ma lecture antérieure, je me souviens de la manière dont Jésus s’est comporté devant Pilate et comment Pilate l’a ridiculisé :

« La vérité ? …   Qu’est-ce que la vérité?… » Se peut-il que la vérité, la vérité absolue, la source de la vérité se soit tenue devant lui au moment-même où il a posé cette question? Est-ce cette même personnification de la vérité qui se tient devant moi à travers les paroles de l’Evangile de Jean?

Je n’ai pas fini de formuler ces pensées quand quelque chose au fond de moi semble s’élever et crier: Non!…       Les années passées à étudier la foi hindouiste et à écouter les histoires des saints hommes… les heures passées en famille, et à écouter ma mère à table, et à aller au temple,… Le fier héritage de ma famille et de mon peuple surgit en force devant mes yeux et une voix intérieure me dit :  

« Tu n’as pas besoin de suivre ce chemin-là. Il y a beaucoup de chemins qui mènent à Dieu. Tu as ta propre manière. Tu n’as pas besoin de cette nouvelle voie ». Mais je sais que je n’ai pas trouvé la vérité dans l’hindouisme me dis-je à moi-même. Et je sais que Jésus est la vérité.

« Tu seras un traître me susurre la voix intérieure.  Tu seras un traître à ton peuple, à ta foi, à ta famille, c’est la vérité. Je ne puis le nier. Tant de gens ont investi en moi, leur attente et leurs espoirs sont si grands pour mon avenir ! Je suis l’étudiant vedette de mon lycée, celui qui est sensé devenir un chef de la communauté, tout comme mon père avant moi. Si je choisis Jésus-Christ, je serai le premier dans ma famille et je peux remonter ma généalogie à plus de huit cents ans à renoncer à l’hindouisme. A tourner le dos à mes ancêtres. A mon héritage des Rajputs de défenseurs de la foi. Je tournerai le dos à mon père et à ma mère !

Je suis déchiré. Le choix est douloureux et clair, soit j’accepte celui que je crois maintenant être la personnification de la vérité, même au prix de perdre tant de choses qui me sont chères, soit je reste fidèle à mon héritage, même au prix de le rejeter. Je vis dans le tourment pendant des mois. Puis, une nuit je décide que le moment est venu de prendre une décision une fois pour toutes.

A la fin, je décrète que je ne peux pas tout lâcher : La famille, mon éducation, mon héritage. Une partie de moi désire Jésus, mais je ne veux pas me décider à payer le prix. Il m’est tout autant impossible de continuer dans cet état d’esprit dédoublé. Cela fait des mois maintenant que je suis au supplice. Quand je lis les Evangiles, je me trouve si attiré vers Jésus que le pas suivant, me consacrer entièrement à lui m’apparaît évident et facile. Puis la traction tire de I’autre côté, quand je pense à la peine que je causerai à mes amis et à ma famille. Finalement j’en ai assez. Il est tard dans la nuit. Je suis dans ma chambre à coucher en train de lire ma Bible comme d’habitude assis à mon bureau.

Le moment décisif est enfin arrivé. « Cela suffit me dis-je. Trop, c’est trop. Jamais plus je ne repenserai à Jésus ». Je suis désespéré à l’idée de quitter celui qui j’en suis conscient, m’aime tant, mais je ne fléchis pas, lentement, avec fermeté, je ferme la Bible. « Jamais plus je ne lirai ce livre. C’est décidé ». Et voilà, c’est fini…

… Puis j’entends ma tête heurter le bureau comme si cela arrivait à quelqu’un d’autre…. Bang………

A moitié endormi, plus tout à fait éveillé ou dominant la situation, mais conscient de ce qui se passe. Je me souviens entendant le bruit et pensant « C’est ma tête qui heurte le bureau ». Instantanément, je me retrouve dans un lieu inconnu et merveilleux. Mon corps est toujours affalé sur mon bureau, mais en esprit je suis autre part, dans un endroit où je n’ai jamais été auparavant. Cette pensée surgit simplement et très clairement dans ma conscience : « Je suis au ciel ».

En tout premier lieu, je réalise que je marche sur une allée qui semble être en or. Cet or est différent de tout ce que j’ai vu auparavant. Il paraît diaphane, on voyait au travers. Des deux côtés de l’allée, l’herbe est somptueuse telle une épaisse couverture sur laquelle on pourrait s’allonger et s’endormir. Les couleurs sont fantastiques : jaune, vert, doré, bleu, rose les couleurs et les nuances sont plus nombreuses que je ne l’aurais imaginé. La qualité de la couleur ne ressemble à rien de ce que j’ai vu jusqu’à présent. Mais ces couleurs-ci sont différentes depuis cette expérience, lorsque je vois des couleurs sur terre, je les trouve fades, ternes, tout spectaculaires qu’elles puissent être.

Maintenant, je perçois une musique. Ou du moins, cela ressemble plus à de la musique qu’à n’importe quoi d’autre. A croire que le plus grand orchestre symphonique et le chœur le plus grandiose jamais réunis sont en train de se produire bien que je ne puisse distinguer de voix ou d’instruments en particulier. C’est glorieux !

Je me trouve dansant de tout mon être au son de cette musique. Chacun de mes sens semble en harmonie parfaite avec elle. En fait, j’éprouve une sensation générale de perfection, de totale intégration de tout ce qui m’entoure la végétation, la lumière, les couleurs, la musique. Je me sens à la maison…. C’est là que je veux être.

Je remarque une sorte de rivière coulant le long de l’allée où je marche. Je dis bien « une sorte de rivière » car si cela ressemble à une rivière, dans son lit coule une substance différente de toute eau que je n’aie jamais vue. A prime abord, les eaux paraissent vivantes. Ensuite je réalise que ces « eaux » sont la vie-même. C’est littéralement un fleuve de vie.

J’ai vu de l’amour de Jésus

Tout à coup je vois une lumière d’un blanc brillant se dirigeant vers moi. Je me retourne et vois un homme s’avançant. Je sais immédiatement que c’est Jésus. D’un côté, il ressemble à un être humain normal portant une longue robe tout à fait ordinaire. De l’autre côté, Je suis pratiquement aveuglé par la lumière qui émane de lui. Elle est éclatante, pure, vive, comme si elle contenait la plénitude de la gloire céleste. 

Comme il s’approche de moi, c’est le même sourire que celui d’une mère ou d’un père prenant leur nouveau-né dans les bras, un sourire d’amour et de plaisir intense.  Je suis attiré, j’ai l’impression que je vais être instantanément consumé par l’amour pur. Je découvre ses yeux à présent. Jamais je n’oublierai les yeux de Jésus. Je sens qu’ils ont ressenti toute blessure, toute angoisse qui n’aient jamais été éprouvées. Ils ont versé toutes larmes qui n’aient jamais coulé sur terre. Et pourtant, ce ne sont pas des yeux de tristesse ou de mélancolie, ce sont des yeux de triomphe, semblant dire « oui, je connais la souffrance, je connais l’angoisse, les larmes. J’ai tout pris sur moi lorsque je suis mort sur la croix. Mais j’en suis venu à bout. Et toi aussi tu peux vaincre. »

Puis, comme je fixe son regard, il tend la main, la place sur mon épaule et me dit simplement « Mon petit frère ».

Tout prend fin aussi soudainement que cela a commencé. Je me retrouve au premier étage de la maison, ma tête reposant sur la Bible mais un phénomène étrange s’est produit. Au tout début, quand ma tête a heurté le bureau, ma Bible était fermée. Je venais de prendre la décision de ne jamais la rouvrir. Pourtant, maintenant elle se trouve ouverte. Au chapitre 18 de Luc à l’histoire du riche et jeune chef. Je réalise immédiatement la similitude de mon état avec celui de ce jeune homme anonyme. Le jeune homme s’est éloigné de Jésus avec une infinie tristesse dans le cœur parce qu’il ne pouvait pas se faire à l’idée de payer le prix pour devenir disciple de Jésus. Alors je dis :

Pardonne-moi s’il te plaît toutes les erreurs que j’ai commises. Je te désire. Je veux te donner ma vie. Vient s’il te plaît vivre dans mon cœur. Lorsque je me relève, je me sens… différent. Je suis né de nouveau. Je sais que Dieu est mon Père, Jésus mon Seigneur, et le ciel ma maison. Par-dessus tout, je sais que le poids de mes péchés, si évident jusque-là, s’est totalement volatilisé !

Je suis conscient que dans les mois avenir tout sera différent.

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