Avez-vous reçu le Saint-Esprit ?

Jackie Pullinger est une missionnaire protestante d’origine anglaise en exercice à Hong-Kong depuis 1966. Fondatrice de la St Stephen’s Society, une association caritative. Elle a œuvré en faveur de centaines de drogués de Hong-kong. Elle nous parle d’une expérience importante dans son ministère : le baptême du Saint-Esprit qui transforma son témoignage dans la cité interdite.

Il y a des chrétiens qui disent que des miracles se produisent encore aujourd’hui. Alors, pourquoi pas ici ? Mes amis missionnaires, qui pour la plupart avaient plus de 40 ans, ne pouvaient guère m’aider. Beaucoup d’entre eux, après toute une vie passée en Chine, étaient désemparés : ils ne s’attendaient plus à ce que les gens se convertissent et ils expliquaient cela en disant qu’un épais nuage spirituel obscurcissait la Chine et planait aussi sur Hong-Kong. Certains s’imposaient toutes sortes de règles sévères, et leur comportement exerçait une influence sur moi. J’en arrivais à me demander s’il était correct de porter des robes sans manches et de se baigner le dimanche. Me mettre au diapason de mes amis devenait insensiblement plus important pour moi que chercher à connaître la pensée de Dieu. Je ne faisais partie d’aucune société missionnaire, je n’étais soutenue par aucune église de mon pays et, par conséquent, j’étais libre. Pourtant j’avais l’impression d’être sous un joug. De plus, je pensais que ma vie ne servait à rien.

Un jour, à la chapelle, j’ai rencontré deux Chinois mari et femme qui devaient diriger la réunion et, en les voyant, j’ai réalisé qu’ils n’étaient pas comme les autres. J’en ignorais la raison profonde, mais j’ai remarqué que leur prière était puissante. J’ai voulu connaître leur secret et immédiatement après le service, je me suis approchée d’eux. Ils ne parlaient presque pas I‘ anglais, et je me débrouillais encore très mal en chinois, ils me demandèrent si j’avais le Saint-Esprit. Avec une certaine indignation, j’ai rétorqué qu’ils se trompaient, que je l’avais reçu. Ils m’ont assuré que non, et la discussion s’est poursuivie tandis que nous sortions de la cité pour aller prendre le bus. Bien sûr que j’ai le Saint-Esprit sans lui je ne pourrais pas croire en Jésus.

Mais que signifiait leur remarque ? Ces gens avaient quelque chose que moi, je n’avais pas, c’était évident, même si je ne comprenais pas leurs explications. C’était donc ce qu’ils appelaient : avoir le Saint-Esprit. Certes, nous n’allions pas nous quereller pour des mots. Si Dieu voulait me donner à moi aussi ce qu’il leur avait donné, j’étais prête à le recevoir. Le choix des termes théologiques pouvait attendre à plus tard !

Nous avons décidé de nous retrouver chez eux le lendemain. Leur logement, comme des milliers d’autres dans la colonie, se composait d’une seule pièce. Au milieu, une table sur laquelle deux assiettes étaient posées, l’une, remplie d’oranges, et l’autre, de mouchoirs humides.  Selon la tradition chinoise, on offre des oranges pour célébrer un événement spécial. Nous les mangerions dès que j’aurais reçu Le baptême du Saint-Esprit. Les mouchoirs étaient destinés à essuyer mes larmes.

Mon cœur se mit à battre, car je me demandais ce qui allait m’arriver. L’homme et la femme s’assirent et, posant leurs mains sur ma tête, ils se mirent à prier. Ils s’attendaient à ce que je reçoive le parler en langues, mais je ne recevais rien.

 Je savais qu’en Angleterre deux pasteurs que je respectais beaucoup avaient reçu ces dons et que, depuis lors, leur ministère avait gagné en efficacité. Je savais aussi que Dieu avait donné le don de guérison à la femme d’un membre du Parlement. Puisque la Bible encourageait les croyants à recevoir ces dons, il était évident qu’ils étaient utiles. Toutefois, je me demandais comment on s’apercevait qu’on avait reçu l’un ou l’autre. A quoi reconnaissait-on, par exemple, le don de guérison ?

Je m’étonnais d’être restée absolument calme quand j’avais reçu le baptême dans le Saint-Esprit. J’avais lu plusieurs livres et j’en avais conclu que j’aurais dut me sentir soulevée jusqu’au ciel ou que mon cœur aurait dut déborder d’amour. Je me demandais donc si mon expérience avait été authentique.  J’ai cherché en vain dans la ville de Hong-Kong quelqu’un qui m’aurait apporté des éclaircissements. Néanmoins, je voyais bien que les dons spirituels étaient mentionnés dans la Bible,  et qu’ils venaient de Dieu.

L’expérience que j’avais faite n’avait visiblement rien changé dans ma vie. En réalité, maintenant, j’avais peut-être encore plus d’ennuis qu’auparavant. Je continuais à parcourir la cité, à fréquenter des réunions chrétiennes tous les soirs, et j’essayais de me mettre entièrement au service des autres, mais je n’avais pas l’impression d’aider qui que ce soit. Je me sentais terriblement frustrée. J’entendis parler d’un couple d’américains qui venaient d’arriver à Hong-Kong avec leur fille.

Cela faisait deux ans que j’avais quitté l’Angleterre et un an que j’avais soi-disant reçu le baptême dans l’Esprit. Je fis donc la connaissance de Rick et de Jeanne.

 

 

– Jackie, parlez-vous en langues ? la franchise très américaine de Jeanne me choqua. Aucun Anglais ne poserait une question aussi directe. Quel soulagement de pouvoir enfin discuter de ce sujet avec quelqu’un !

Le parler en langues vous a été donné par le Saint-Esprit et vous devriez l’utiliser, et non le mépriser. La Bible dit que celui qui parle en langues s’édifie lui-même. Jeanne et Rick me firent promettre de prier chaque jour dans ma langue céleste. Ils soulignèrent que la puissance du Saint-Esprit avait été donnée à l’Église primitive pour rendre efficace son témoignage au Christ ressuscité, et que cette même puissance était indispensable à l’Église d’aujourd’hui.

Ensuite, à ma consternation, ils proposèrent que nous priions ensemble en langues à haute voix. Je ne pouvais pas me dérober. Nous nous sommes donc mis à prier en langues. Je me sentais tout à fait ridicule de prononcer des paroles que je ne comprenais pas et de plus, j’avais horriblement chaud. Au bout d’un moment, à mon grand déplaisir, ils ont cessé de prier, alors que moi, j’aurais voulu continuer. Je savais bien que ce don, tout en venant de Dieu, restait entièrement sous notre contrôle ; je pouvais donc l’utiliser ou ne pas l’utiliser à mon gré. Dans les premières minutes de ce temps de prière, je n’avais nulle envie de m’exprimer dans cette langue bizarre, devant ces Américains bizarres. Je croyais mourir de honte. C’est alors que Dieu m’a dit :

– Es-tu prête à paraître ridicule pour I’amour de moi ? J’ai cédé.

– Oui, Seigneur ! Je ne comprends rien à ce qui m’arrive, mais puisque ce don vient de toi, il doit être bon. Je veux t’obéir. Enseigne-moi à prier. Quand nous avons fini de prier, Jeanne m’a expliqué qu’elle avait reçu l’interprétation des paroles que j’avais prononcées en langues, et elle me I’a fait connaître.

Je disais au Seigneur que mon âme avait soif de lui, que du fond d’une vallée profonde, j’élevais ma voix vers lui qui demeurait dans les lieux élevés, que je l’aimais, I’adorais et n’avais d’autre désir que celui de le servir.

L’interprétation me montrait que ces paroles étaient bien plus glorieuses que celles que mon intelligence aurait pu formuler. Puisque c’était sous l’inspiration de l’Esprit que j’avais parlé, je ne mépriserais jamais plus le don des langues. J’avais demandé à Dieu de m’apprendre à prier, et il m’avait exaucée.

Chaque jour qui suivit, j’ai prié dans la langue de I’Esprit. Ayant encore l’impression que c’était un exercice peu naturel, je m’exprimais d’abord en anglais, disant, par exemple : « Seigneur, je ne sais ni comment, ni pour qui prier. Inspire-moi, aide-moi à intercéder pour ceux qui te cherchent de tout leur cœur. » Puis je priais en langues pendant un quart d’heure. Au bout d’environ six semaines, je remarquai quelque chose de surprenant : Ceux auxquels je parlais du Seigneur acceptaient mes paroles et croyaient en lui. Au début, je ne comprenais pas pourquoi et je m’émerveillais, pensant que mon chinois s’était subitement amélioré, ou encore que j’avais enfin découvert une bonne technique d’évangélisation. Pourtant je disais les mêmes choses qu’avant. Il me fallut un certain temps pour découvrir ce qui avait changé : maintenant je parlais de Jésus à des gens qui avaient envie d’entendre parler de lui. J’avais laissé Dieu diriger mes prières, et le résultat ne s’était pas fait attendre. Au lieu de décider ce que je voulais faire pour lui et de le supplier de bénir mes projets, je lui demandais probablement dans ma nouvelle langue de faire de moi son instrument. Les conversions étaient nombreuses. Je n’avais pas à m’en glorifier mais combien j’étais reconnaissante à Dieu de me confier une petite responsabilité dans son œuvre. J’étais émue, remplie de joie, non pas quand je priais, mais quand je voyais le résultat de mes prières.

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